mercredi 4 novembre 2015

Atelier botanique - Boucau

Nous étions 6 à nous retrouver à Boucau, le 24 octobre 2015, pour une après-midi d'échange autours de la botanique.

Présentation des participants, exposé des motivations et des attentes de chacun : l'atelier se déroule presque sous la forme d'une conversation.
La thématique suivie aura été une introduction à la reconnaissance des plantes.

Qui veut connaître les plantes a besoin de les décrire, tâche ardue s'il en est. C'est pourtant la mission que tentent de remplir les flores, de manière la plus synthétique possible. Cette recherche de concision, rendue nécessaire par l'espace réduit que représente un volume transportable, entraîne un besoin accru de précision dans les termes utilisés.
« Malheureusement », l'immense variabilité des formes et des structures végétales contraint alors au déploiement d'un vocabulaire technique impressionnant, tant par sa masse que par son exotisme.

La connaissance des plante nécessite certes un certain effort, mais celui-ci se voit rapidement récompensé par le plaisir que représentent les nouvelles perspectives ainsi acquises. Si l'exercice peut parfois paraître insurmontable, on ne peut qu'encourager le néophyte à ne pas jeter l'éponge trop vite : l'habitude aidant, le vocabulaire rentre et son usage, pourtant fort difficile au début, deviendra vite bien plus naturel.

Nous évoquons les flores de France, passées et actuelles, et le nombre d'espèces qu'elles contiennent : de 3000 à 9000. Voir à ce sujet le post sur le blog Bota & Phyto' so Flo.

Ces nombres représentent des plantes. Il faut aussi parler de leurs noms. Multiple semble un adjectif pertinent. D'autant plus que ceux-ci changent, et que ces changements sont insuffisamment expliqués. On se contentera de rappeler ici que la plupart du temps, ces changements n'affectent pas la circoncision de l'espèce. En conséquence, les "vieux noms" - s'ils ne sont plus reconnus - ne deviennent pas pour autant caduques : ils représentent toujours une réalité et peuvent sans problème être utilisés. Enfin il ne faut pas craindre de paraître vieux-jeu en utilisant des vieux noms : il suffit parfois d'attendre quelques temps pour qu'ils redeviennent à la page. De plus aujourd'hui, les outils informatiques permettent facilement de jongler entre les synonymes. L'exigence de modernité ne peut être faite qu'aux professionnels.

Les présentations étant faite, nous attaquons enfin un peu de pratique à l'aide de quelques échantillons : la Criste-marine (Crithmum maritimum)
Criste-marine
par Julien BARATAUD
et le Fenouil sauvage (Foeniculum vulgare) nous permettent d'introduire la grande famille des Ombellifères (= Apiaceae), appelée ainsi car elle portent des ombelles. Cette famille contient quelques plantes alimentaires, au premier rang desquelles la Carotte, ou encore le Panais, ou l'Angélique, ainsi que des plantes aromatiques : Persil, Cumin, Coriandre, etc., mais aussi de terribles poisons : Ciguë, Œnanthe, etc.
Fenouil sauvage
par Daniel BARTHELEMY


On ne parlera que brièvement des Crucifères (= Brassicaceae) dont les fleurs arborent des pétales étalés en croix et dont les fruits forment des siliques.

On s'attardera un peu, à l'aide de l'excellent ouvrage de Robert Portal, sur la structure des "fausses fleurs" des Composées (= Asteraceae) : fleurons tous ligulés comme chez les Pissenlits, mélangés ligulés et tubulés comme chez la Pâquerette, ou encore tous tubulés comme chez les chardons ou le Bleuet.

Les caractères des Lamiacées (ex Labiées) sont aussi rapidement présentées : fleurs généralement formés de "deux lèvres", tiges quadrangulaires et feuilles opposées. Malheureusement les plantes que nous avons pu récolter ce jour là ne sont pas les exemples les plus typiques : il s'agit de Menthe aquatique (Mentha aquatica) et de Lycope d'Europe (Lycopus europaeus) : tous deux présentant des fleurs à symétrie centrale.

On évoquera encore les Fabacées et leurs noms : Légumineuses, Papillonacées, ce dernier ne décrivant en réalité qu'une seules des trois sous-familles : Papilionoideae, Mimosoideae et Caesalpinioideae.

La présentation des outils de Tela Botanica, notamment des fiches eFlore, des espaces projet, du Carnet en Ligne, d'IdentiPlante et de PictoFlora nous aura ensuite occupé jusqu'à la fin de l'atelier.

On aura eu le temps d'évoquer comment faire des photos de plantes pour l'identification : une photo de la plante entière avec son milieu, une photo rapprochée montrant à fois des feuilles et des fleurs ou des fruits, et une photo de détail des fleurs vues de profil, à défaut des fruits, à défaut des feuilles. Parfois une seule photo de loin suffit, parfois il faut une foule de détails situés sur des organes différents ou bien observables seulement sous des perspectives différentes. Ces indications ne sont donc pas absolues, mais constituent plutôt les bases d'un "guide des bonnes pratiques".

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